Tri déchets chantier papier carton BTP : la zone grise, et le piège de la pluie
Le papier et le carton d'un chantier se trouvent dans une zone de flou entre deux réglementations distinctes, qui ne se recoupent pas toujours clairement. Et même quand le tri est fait correctement, un piège très simple peut le rendre inutile : l'humidité. Voici ce que dit le texte sur ce flux, et pourquoi un carton trié dans les règles peut quand même finir non recyclé.
Ce que dit la règle
Le papier/carton fait partie des 5 flux d'origine du décret n°2016-288 du 10 mars 2016, même régime que le bois déjà détaillé sur la page dédiée, mêmes seuils : pas la peine de les redévelopper ici.
Le point central pour ce flux, c'est une zone de recouvrement entre deux périmètres réglementaires distincts. D'un côté, la REP PMCB, qui couvre les papiers et cartons devenus déchets sur un chantier BTP. De l'autre, la REP papiers graphiques, plus ancienne, aujourd'hui fusionnée avec les emballages ménagers dans une filière commune appelée EMPAP depuis le 1er janvier 2024, qui couvre les déchets papiers assimilés aux ordures ménagères. Le portail officiel des filières REP de l'ADEME définit ces deux périmètres séparément, sans toujours les articuler clairement pour le cas précis du carton d'emballage d'un chantier : ce n'est pas une zone grise inventée faute d'information, c'est une conséquence directe de la lecture croisée de deux textes qui n'ont pas été pensés l'un par rapport à l'autre pour ce cas précis.
En pratique, la bonne réponse n'est pas de trancher soi-même entre les deux textes : c'est de vérifier directement avec son prestataire de collecte quelle filière il utilise réellement pour ce flux sur votre secteur. Le circuit concret dépend de ce que votre collecteur a mis en place, pas uniquement de la lettre du texte.
Le modèle
Le papier-carton se situe dans une position intermédiaire parmi les flux déjà vus dans cette famille. Le chiffre disponible, environ 60 % de recyclage, vient du périmètre des emballages ménagers papier-carton (EMPAP), pas d'une statistique sectorielle BTP dédiée : à traiter avec la même prudence que les chiffres déjà cités pour le plâtre ou le plastique, faute de donnée isolée pour le seul gisement de chantier. À titre de repère, ça reste nettement au-dessus des 20 % du plastique, mais en dessous des 90 % du métal, déjà vus dans cette famille.
Le problème du fait main
Le piège central de ce flux : le papier et le carton sont hygroscopiques, ils absorbent l'humidité. Un stockage extérieur, une pluie, un sol humide suffisent à dégrader les fibres de façon irréversible. Ce n'est pas une question de propreté visuelle ou de mauvaise volonté : un carton parfaitement trié à la source, séparé de tous les autres flux dans les règles, mais laissé sous la pluie quelques heures avant l'enlèvement, perd sa valeur de recyclage, pas temporairement, définitivement. Le tri seul ne suffit pas : il faut aussi protéger ce flux de l'humidité entre le moment où il est produit et celui où il est enlevé.
Le devis n'est qu'une estimation. Éco-Preuve garde la preuve de ce que vous avez vraiment trié, prête pour votre prochain appel d'offres.
