Éco-Preuve

Tri déchets chantier métaux : que faire, et pourquoi le mélange coûte cher

Le métal suit la même obligation de tri transversale que le bois, tous corps de métier confondus, sans distinction officielle entre les types de métaux. Mais une spécificité forte s'y ajoute, purement économique : mélanger vos métaux dans la même benne ne fait pas qu'enfreindre une règle, ça fait perdre de l'argent, souvent sans que personne s'en rende compte. Voici ce que dit le texte, et ce qui se joue vraiment au moment du tri.

Ce que dit la règle

Le métal relève du même régime de tri obligatoire que le bois, en vigueur depuis le décret n°2016-288 du 10 mars 2016. Les seuils de dérogation (1 100 litres/semaine, ou 40 m² et 10 m³ pour un chantier BTP) sont les mêmes pour tous les flux visés par ce texte : pas la peine de les redétailler ici, ils sont déjà couverts sur la page dédiée au bois.

Contrairement à ce qu'on pourrait attendre, il n'existe pas d'éco-organisme unique dédié au métal dans la REP PMCB. Le métal relève de la catégorie 2 (produits non minéraux), éligible chez trois des quatre éco-organismes agréés : Valobat, Ecomaison et Valdelia. C'est le fabricant metteur sur le marché qui choisit son éco-organisme parmi ces trois, pas un circuit imposé et unique comme on pourrait le penser.

Sur la distinction ferreux / non ferreux, la réglementation ne fait pas de différence : elle vise globalement "les produits et matériaux de construction constitués majoritairement en masse de métal", sans texte imposant un tri séparé entre fer, cuivre, aluminium ou zinc. Cette distinction reste bien réelle dans la pratique commerciale du recyclage, où le non ferreux se définit par une teneur en fer inférieure à 10 %, mais c'est une info de terrain, pas une obligation légale.

Le modèle

Le métal est l'un des flux du bâtiment les mieux recyclés : 90 % du métal issu des déchets du bâtiment a été recyclé en 2020, selon l'indicateur officiel de l'ADEME dédié à la REP PMCB.

Le vrai enjeu se joue au moment du tri, et il est financier avant d'être réglementaire. Un lot de métaux mélangés, cuivre, laiton, ferraille, aluminium dans la même benne, n'est pas racheté à un prix moyen : il est systématiquement payé au tarif du métal le moins cher présent dans le lot. L'écart est massif : selon des professionnels du recyclage, un kilo de cuivre dénudé se négocie autour de 60 fois le prix d'un kilo de ferraille mixte non triée. Ce chiffre vient de sites spécialisés dans le rachat de métaux, pas d'une source institutionnelle : à prendre comme un ordre de grandeur de terrain, pas comme une donnée officielle, mais le mécanisme lui-même, tarif du lot aligné sur le métal le moins cher, est cohérent avec la logique du secteur.

Le problème du fait main

Le réflexe le plus répandu, tous métiers confondus : jeter cuivre, ferraille, laiton et zinc dans la même benne "métaux", en pensant que le tri se fera de toute façon en aval. Ce n'est pas qu'une question de conformité réglementaire, puisque le texte n'impose pas ce tri fin : c'est une perte économique directe, le lot entier étant payé au prix du métal le moins valorisé qu'il contient.

Le devis n'est qu'une estimation. Éco-Preuve garde la preuve de ce que vous avez vraiment trié, prête pour votre prochain appel d'offres.

Créer mon compte