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Circuit court construction : définition, critères, et ce qu'il ne faut pas confondre avec

"Circuit court" est souvent utilisé comme un terme générique dans le BTP, pour désigner à peu près tout ce qui touche à la proximité ou à la durabilité d'un chantier. Derrière ce mot se cachent en réalité plusieurs notions distinctes, qui ne se valent pas de la même façon dans un dossier de marché public. Voici comment les différencier, pour ne pas confondre un argument avec un autre.

Ce que dit la règle

Aucun texte ne définit légalement le circuit court dans le BTP, un flou déjà détaillé sur la page dédiée : pas la peine de le redévelopper ici.

Au-delà de la distance déjà traitée dans cette famille, le secteur associe couramment deux autres critères informels au circuit court, sans qu'aucun des deux n'ait davantage de cadre légal : la part de matériaux biosourcés d'origine locale, bois, paille, chanvre, dans la construction, et le nombre d'intermédiaires entre le producteur et le chantier. Ce sont des usages du secteur, pas des définitions réglementaires, à traiter avec la même prudence que la distance kilométrique.

Le modèle

Trois notions reviennent souvent dans le même paragraphe d'un mémoire technique ou d'une présentation commerciale, sans pour autant désigner la même chose :

  • Le circuit court : la proximité géographique et le nombre d'intermédiaires entre un fournisseur de matériaux neufs et le chantier, déjà détaillé dans cette famille. Exemple : une tuilerie qui livre directement un chantier situé à 40 km, sans passer par un négoce intermédiaire.
  • Le réemploi de matériaux : la réutilisation d'un matériau issu d'une déconstruction, pour le même usage, sans qu'il soit jamais passé par le statut de déchet. C'est une notion liée au cycle de vie du matériau, pas à une distance. Exemple : des poutres en bois récupérées sur un chantier de démolition, réutilisées telles quelles sur un nouveau projet.
  • La filière sèche, ou construction hors-site : une méthode de construction, pas une notion de proximité. Elle désigne des éléments préfabriqués en atelier, bois, métal ou panneaux, assemblés à sec sur le chantier plutôt que coulés sur place. Exemple : une ossature bois préfabriquée en usine, livrée prête à assembler.

Ces trois notions peuvent parfaitement coexister sur un même chantier, un poteau en bois réemployé, livré par un fournisseur local, assemblé selon une méthode de construction sèche, sans pour autant être interchangeables dans un dossier.

Le problème du fait main

Le risque à connaître : présenter un argument de réemploi comme s'il valait un argument de circuit court, ou l'inverse, dans un mémoire technique. Un acheteur public qui évalue le critère environnemental de son marché ne note pas forcément ces éléments de la même façon : le règlement de consultation peut valoriser l'un sans mentionner l'autre, ou les deux séparément avec des poids différents. Mélanger ces notions dans l'argumentaire, c'est risquer de perdre en clarté sur un critère qui, comme déjà vu dans cette famille, ne pèse de toute façon qu'une fraction de la note finale.

Le devis n'est qu'une estimation. Éco-Preuve garde la preuve de ce que vous avez vraiment trié, prête pour votre prochain appel d'offres.

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