Calcul distance fournisseur chantier : itinéraire réel, pas à vol d'oiseau
Aucun texte n'impose de méthode de calcul pour mesurer la distance entre un fournisseur et un chantier. Mais un principe de bon sens s'impose, cohérent avec l'objectif du critère environnemental : la distance routière réelle, pas la distance à vol d'oiseau. Voici comment calculer ça correctement, et le piège qui fausse le résultat le plus souvent.
Ce que dit la règle
Aucun texte réglementaire n'impose de méthode de calcul pour la distance fournisseur-chantier, cohérent avec l'absence de définition légale du circuit court déjà établie sur la page dédiée.
Le principe qui s'impose en pratique n'est pas arbitraire : c'est la distance routière réelle, l'itinéraire effectivement emprunté par le transport, pas la distance à vol d'oiseau. La raison tient directement à l'objectif du critère environnemental de l'article 35 : ce qui compte, c'est l'émission de CO2 réellement générée par le trajet, pas la ligne droite entre deux points sur une carte. Une distance à vol d'oiseau sous-estime systématiquement l'impact réel du transport, sur un trajet standard, la distance routière est en moyenne 1,3 fois supérieure à la distance à vol d'oiseau, un écart qui peut monter à 1,6 ou plus en zone accidentée. Présenter une distance à vol d'oiseau dans un dossier, c'est donc minimiser artificiellement l'argument qu'on cherche à démontrer.
Le modèle
La méthode, en pratique :
- Point de départ : le site réel de production ou de stockage du matériau, pas nécessairement le siège social du fournisseur, une nuance déjà détaillée sur la page dédiée à la preuve du circuit court.
- Point d'arrivée : l'adresse précise du chantier.
- Outil : un calculateur d'itinéraire classique, type Google Maps ou Mappy, suffit. L'avantage de ce type d'outil grand public, c'est que le résultat est simple et vérifiable par l'acheteur public lui-même en cas de doute, ce qui compte pour la crédibilité du dossier.
Le piège à connaître avant de calculer : l'itinéraire le plus court affiché par défaut n'est pas toujours celui qu'un poids lourd peut réellement emprunter. Les véhicules de plus de 7,5 tonnes de PTAC sont soumis à des restrictions de circulation, zones à faibles émissions, interdictions de centre-ville, ponts avec limitation de tonnage, qui peuvent rallonger significativement le trajet réel par rapport au trajet le plus court calculé pour une voiture. Des dérogations existent pour les véhicules transportant des matériaux vers un chantier, mais elles ne suppriment pas l'allongement du trajet dans les zones où elles ne s'appliquent pas.
Le problème du fait main
Le réflexe le plus courant, par simplicité : calculer une distance à vol d'oiseau plutôt qu'un itinéraire réel, ou reprendre l'itinéraire le plus court affiché sans vérifier s'il est réellement praticable par un poids lourd. Dans les deux cas, la distance présentée dans le dossier ne correspond pas au trajet réellement parcouru par le transport, ce qui fausse justement l'argument qu'on cherche à documenter avec précision.
Une fois ce chiffre calculé correctement, reste à savoir ce qu'il pèse vraiment dans la notation et comment le valoriser au-delà de la seule case environnementale : c'est l'objet de la page dédiée à l'avantage du fournisseur local.
Le devis n'est qu'une estimation. Éco-Preuve garde la preuve de ce que vous avez vraiment trié, prête pour votre prochain appel d'offres.
