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Tri déchets chantier verre : où le déposer, et où ne pas le mettre

Le verre plat qui sort d'un chantier, vitrages, façades, cloisons vitrées, n'a rien à voir avec le verre des conteneurs de rue. Ce sont deux circuits distincts, et celui du verre plat reste encore jeune, avec un réseau de points de collecte loin d'être aussi implanté que pour les autres flux déjà vus dans cette famille. Voici pourquoi cette distinction compte, et où déposer concrètement ce verre.

Ce que dit la règle

Le verre fait partie des 5 flux d'origine du décret n°2016-288 du 10 mars 2016, même régime que le bois déjà détaillé sur la page dédiée, mêmes seuils : pas la peine de les redévelopper ici.

Le point central pour ce flux : le verre plat de chantier suit un circuit totalement distinct du verre creux ménager, celui des bouteilles et des pots, qui relève de la REP emballages (CITEO, Adelphe) et des conteneurs de collecte publics que tout le monde connaît. Ce n'est pas une question de commodité, c'est une contrainte industrielle : un fragment de verre plat mélangé au verre creux ne fond pas dans les mêmes conditions lors du recyclage, et peut fragiliser des milliers de nouvelles bouteilles produites à partir de ce lot contaminé.

Autre nuance à connaître : le verre plat recyclé ne repart pas forcément en vitre neuve. En 2018, les tonnages collectés ont été dirigés vers la fabrication de verre creux et de laine de verre, pas uniquement vers de nouvelles vitres.

Le modèle

Pour ce flux plus que pour les autres déjà vus dans cette famille, la vraie question est concrètement "où déposer", parce que le réseau reste jeune. C'est d'ailleurs le seul flux de cette famille qui ne suit pas l'outil de recherche par défaut, déjà comparé sur la page dédiée aux points de collecte. Deux outils existent. Federec, le syndicat professionnel des entreprises du recyclage, a publié le 11 avril 2019 une cartographie des points de collecte dédiés au verre plat, mise à jour tous les trimestres. Elle ne référence que les points ayant signé la charte liée à l'Engagement pour la Croissance Verte sur ce sujet, ce qui donne un réseau encore limité, pas exhaustif. L'ADEME propose aussi un outil, sur quefairedemesdechets.ademe.fr, qui distingue les petits volumes, orientés vers une carte de points de collecte, et les gros volumes, pour lesquels il faut contacter directement une entreprise spécialisée.

Ces outils existent précisément parce que la filière est jeune. Sur un gisement estimé à 200 000 tonnes de verre plat issu du bâtiment, seulement environ 5 % étaient recyclés au moment du lancement de cette cartographie. Les objectifs fixés, 40 000 tonnes collectées et triées d'ici 2020, puis 80 000 tonnes d'ici 2025, restaient loin d'être atteints avec seulement 6 000 tonnes collectées en 2018. C'est un flux nettement moins mature que le métal, le plâtre, le bois ou même le plastique déjà vus dans cette famille.

Le problème du fait main

Le piège central, bien documenté par l'ADEME : seuls les vitrages entiers, avec leur cadre, sont éligibles au recyclage dans la filière verre plat. Un verre cassé doit partir en benne gravats, pas dans cette filière. Casser accidentellement une vitre en la déposant, ou la stocker sans précaution avant enlèvement, suffit à la faire basculer vers une filière moins valorisante, sans qu'il y ait eu de mauvaise volonté de tri.

Un second cas mérite d'être connu, avec une réserve sur la source qui n'est pas institutionnelle cette fois : le verre feuilleté, celui qui contient un film intercalaire en PVB, demande un traitement de séparation spécifique avant de pouvoir rejoindre le circuit de recyclage classique. Ce n'est pas un verre à écarter, mais un verre qui ne suit pas le même chemin qu'un vitrage simple.

Le devis n'est qu'une estimation. Éco-Preuve garde la preuve de ce que vous avez vraiment trié, prête pour votre prochain appel d'offres.

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