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Gestion déchets chantier carreleur : amiante et silice, deux risques distincts

Le carrelage et ses résidus secs suivent la même filière inerte que les gravats du maçon, rien de nouveau à ce niveau. Deux points méritent une vraie vigilance sur ce métier : l'amiante dans les anciennes colles, avec une nuance différente de celle déjà vue pour le couvreur, et la silice cristalline libérée à la découpe. Voici ce que dit le texte sur ces deux sujets précis.

Ce que dit la règle

Le carrelage lui-même et les résidus secs de mortier-colle, ragréage et chape sont des déchets inertes classiques, au même titre que les gravats du maçon.

Une nuance porte sur l'état du produit, pas sur sa nature chimique : les colles solvantées et résines encore en contenant, pas encore appliquées ou séchées, restent des déchets spéciaux à part, à stocker dans des contenants homologués UN, avec rétention. Une fois sec et appliqué sur le support, le résidu rejoint la catégorie inerte.

Sur l'amiante : les colles noires bitumineuses utilisées pour poser carrelage, plinthes et faïence avant 1997, et surtout avant 1990, en contenaient fréquemment, jusqu'à 25 à 30 % des colles posées avant 1990. Le seuil de vigilance est le même que celui déjà connu : un repérage amiante avant travaux (RAT) est obligatoire pour tout bâtiment construit avant le 1er janvier 1997.

Le modèle

Sur ce métier, le classement en sous-section 3 ou sous-section 4 dépend du contexte de l'intervention, pas seulement du fait qu'il y ait de l'amiante. Ce n'est pas le même schéma que pour un couvreur, où le retrait de toiture relève presque toujours de la sous-section 3.

Une intervention ponctuelle, comme percer un trou dans une colle amiantée pour fixer un support, ou retirer localement quelques carreaux, relève de la sous-section 4 : une opération non répétitive, de courte durée, à faible empoussièrement attendu, réalisable par un seul opérateur.

Un retrait complet de carrelage ou de faïence amianté dans le cadre d'une réhabilitation relève, lui, de la sous-section 3, avec les mêmes obligations de certification qu'un retrait de toiture (organisme certificateur, plan de retrait).

Autre point de vigilance, sans lien avec l'amiante cette fois : la découpe de carrelage et de faïence libère de la silice cristalline, à l'origine de maladies respiratoires comme la silicose. Environ 170 000 professionnels du BTP y sont exposés, les carreleurs comptant parmi les plus touchés. La protection recommandée passe par une découpe avec aspiration à la source, des aspirateurs de classe H, et des équipements de protection individuelle adaptés.

Le problème du fait main

Deux réflexes posent problème sur ce type de chantier. Le premier, mélanger les gravats de carrelage avec des résidus de colle ou de produits chimiques dans la même benne, ce qui déclasse l'ensemble. Le second, découper du carrelage sans système d'aspiration adapté, en traitant la poussière comme un simple désagrément alors que c'est un vrai risque respiratoire documenté.

Le devis n'est qu'une estimation. Éco-Preuve garde la preuve de ce que vous avez vraiment trié, prête pour votre prochain appel d'offres.

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